
La montagne du souvenir

Lorsque d'un regard brûlant, je transpercerai la montagne du souvenir, mes yeux refléteront l'angoisse ancestrale, gelée, de la mort, conquérante sur son sommet.
Terre du silence, mes larmes viendront arroser de sang l'odeur putride du temps, les regrets s'enterrent dans ma vie de poussière, mon esprit succombe à la tentation de libérer l'être du néant.
Lorsque d'un regard brûlant, je transpercerai la montagne du souvenir, mes larmes arroseront de sang, la mort "inodore" de ceux qui se sont arrêtés au milieu du chemin, rattachés par le noeud ombilical de leur naissance, en attendant sur son sommet, la mort grimace à leur chevet.
Déchirement de l'ombre, mes idées s'estompent, mes tentations me trompent, trop haut est le souvenir pour ceux qui n'ont jamais oublié, la mémoire est un rempart contre le temps, le présent est au coeur de la montagne et sur son sommet, le visage de l'absence.
Miroir de pierres, le passé est présent dans ma mémoire et je dois m'en souvenir jusqu'à ce qu'il me délivre pour les temps à venir.
À l’approche de l’aube
La communion du ciel bleu et du soleil fugitif Et, la nuit constellée, où brûle le feu de la lune Retrace le visage de ton absence à la brise du soir. - Je te cherche au travers d’une lumière, sans limites, Mes yeux rougeoient de ta chaleur qui les chauffe, Et mon coeur se tord à saisir ton invisible présence, Remous de ton bel amour qui ne l’a jamais quitté. - J'entends l'écho de ta voix dans la courbe du silence,, Une mélodie souterraine perceptiblement optimiste,, Tes lèvres me murmurrent des promesses de bonheur,, Reprises par ton ventre arrond, à l'approche de l'aube. _________________________________________________ .
La récréation-De ma fenêtre ouverte, J’entends les enfants crier. Nuées de papillons égayés, - Un ballon rouge retentit dans ma tête. De ma chambre verte, J’entends la maîtresse aboyer. - Sautent les moutons à cloche pied Les piaillements de l’enfance que l’on regrette. Dans ma mémoire ouverte, J’entends le loup hurler. - Colin-maillard cache sous le préau ses secrets, La marelle fait sa cour aux jeunes amourettes. De cette jeunesse offerte, Retentit le sifflet, Fin de la récré.! - ____________________________ Mensonges de libeté-
- Nous avons habillé nos mémoires d’un tissu épais de mensonges Pour recouvrir toutes ces luttes absurdes, en idéal de liberté ! Idéologie, ton bel étendard s’est coagulé de tout ce sang versé Par tes enfants, s’offrant à la fausse promesse de ton songe. L’histoire n’est plus que successions de règnes inachevés, De révolutions usurpées, annonciatrices de grand malheur. L’homme, prédateur de l’humanité avance toujours armé, Pour détruire cet « autre » lui-même qui lui fait si peur. Pour combattre l’ennui au paradis nous créons notre enfer La femme, qui nous a été offerte, nous la faisons adultère, Désespérance de l’amour, nous lui préférons la guerre, Violer, mutiler, piller, nous sommes préparés à le faire. Mais si ce que l’on nous avait appris n’était qu’un leurre, Que tout ce qui a existé n’est qu’un fantasme meurtrier, Une apparence ancrée dans notre universelle conscience, Que l’amour engendre la haine dans notre inconscience. | L'amour d'aimer |
L'amer resentissement | La grippe-
- Un vent d’air froid a envahi mon intérieur, Saisissant mon corps d’une fièvre glacée, Me plongeant dans une étrange torpeur. - Je n’ai pas su protéger sous un tissu épais -L’indécente nudité de mon âme dépouillée, Et le poison de l’hiver m’a pris en grippe. - Suinte l’odeur de tous ces médicaments, Ondées de sueur échappées de mes pores, La maladie me fragilise comme un enfant. '- Dans mes yeux rougis, les larmes forgent Une plaie ancrée à tous mes frémissements, Les mots desséchés brûlent dans ma gorge. - Je survis aux crampes qui m’agitent, Fuir la douleur jusqu’à l’épuisement, Mais j’étouffe de trop de pesanteur. ______________________________ Grand Froid |










